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Réviser la constitution maintenant ou attendre 2026 : Il faut choisir

Par Achille B. ASSOUTO

Je peine, sous le faix de la sagesse héritée de mes grands-parents, à penser qu’une question aussi facile – le mot est faible – que celle de la révision de la constitution fasse tant de polémique. C’est à croire qu’ici-bas sous le soleil, le bon sens qui, jadis, caractérisait les béninois, de l’élite au traîne-savates, a fini par déserter le forum et céder place à la pusillanimité.Ce n’est pas un sarcasme. De toute évidence, la question de la révision de la constitution qui suscite au Bénin de la controverse plongeant les uns, plus crédules au Chef de l’Etat, dans la fatalité d’un délire collectif et, les autres, dans des exsudations de sermons en diatribes, ne relève pas moins d’une trivialité.

Dans l’une de mes réflexions, j’avais alors qualifié le Bénin d’une république des intelligents, lesquelles intelligences sont dans une confrontation permanentée faisant le lit à l’incongruité, à la pauvreté, au sous-développement… Inutile d’ironiser sur les divergences stériles d’avant 2011 relatives à l’élaboration de la liste électorale permanente informatisée (Lépi). Sur les contestations électorales au lendemain de la présidentielle de 2011. Sur les différents scandales qui ont secoué la république et noyé nombre de compatriotes dans la flaque de l’impécuniosité alarmante. Ou sur la variabilité des prises de position quant à l’entrée au gouvernement ou non d’une certaine classe politique. La suite est loin de masquer l’évidence.

Dans tous les cas de figure, le « simoun démocratique » programmé à dessein par l’Occident pour souffler dans les années 1990 sur le Bénin et d’autres pays de la sous-région n’a pas encore fini de nous livrer ses dégâts. Comme quoi, sur des questions les plus élémentaires qui, en d’autres circonstances, auraient recueilli en amont l’avis favorable de tous quitte à convenir par la suite des modalités de leur résolution, les béninois du moins leurs dirigeants continueraient de s’enivrer des rivalités etdes fadaises politiques incessantes. La sagesse n’enseigne-t-elle pas de ne point quitter sa place lorsque l’esprit de celui qui domine s’élève contre soi ? Si pour l’Ecclésiaste, le calme prévient de grands péchés, il constitue, pour ma part, un véritable rempart contre les violences. […]

Je m’arrête là dans mon errance volontaire quoique le long détour en vaille la peine.Venons-en à la question même de la révision qui défraye la chronique. Les interminables déballagesjuridico-politiques régressifs des personnalités politiques aussi bien de la mouvance que de l’opposition et les multiples professions de foi du Président de la république porteraient mieux leurs fruits sur d’autres sujets (et c’est là mon avis personnel). Au lieu d’ergoter sur des vétilles, le peuple béninois gagnerait à ce que ses dirigeants se fassent confiance et passent en conséquence à des propositions concrètes. Bien entendu que ce faisant, la classe politique est supposée avoir fait l’unanimité sur la question de la révision de la constitution qui, en soi, est d’ailleurs admise de tous.

Je me fais le devoir de donner l’exemple – quoique je n’y sois pas tenu – en allant de ma proposition qui paraîtra, certes, simple à maints égards mais porteuse d’un germe d’apaisement de la tension sociopolitique actuelle savamment nourrie par les uns et les autres. En effet, si l’on part du postulatque la révision de la constitution revêt un grandintérêt pour la nation, le Chef de l’Etat gagnerait beaucoup alors à marquer son époque d’un acte fort en faisantrallier toutes les couches sociopolitiquesà la cause pour des débats féconds en vue d’une profonde révision. Le nouveau texte constitutionnel,découlant des propositions venues de tous horizons, une fois élaboréserait soumis au référendum couplé aux élections présidentielles de mars 2016. Et croire que d’autres béninois n’y ont pas aussi pensé serait prétentieux de ma part.

Ainsi, on ménagerait les énergies de part et d’autre en vue de la lutte contre la pauvreté via des propositions et des contre-propositions qui aimanteraient le peuple quant aux choix futurs de gouvernants à opérer. A moins d’opter d’entretenir le peuple des frivolités et d’attendre 2026 pour la révision de la constitution d’autant plus que le prochain Chef d’Etat essuierait – et tous les ingrédients sont déjà réunis – les mêmes critiques pendant son mandat s’il s’aventure sur le terrain de la révision. C’est mon avis.



18/08/2013
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