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Débat sur la toute nouvelle loi anti-corruption : des insuffisances à la loi

Débat sur la toute nouvelle loi anti-corruption

Des insuffisances à la loi

Hier s’est tenu sur la chaine privée de télévision Canal 3 Bénin, un débat sur la toute nouvelle loi contre la corruption et les autres infractions connexes en République du Bénin, adoptée le mardi dernier par les députés. Etaient invités, Jean Baptiste Elias, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption (Olc), Martin Assogba, président de l’Ong Alcrer et les honorables Lazare Sèhouéto et Sacca Lafia, respectivement de l’opposition et la mouvance.

La nouvelle loi anti-corruption est une réalisation à parfaire. C’est ce qu’on peut retenir du débat tenu hier sur Canal 3 Bénin sur ladite loi. Et tout en reconnaissant l’avancée qui est faite avec le vote de cette loi, la majorité des invités a reconnu qu’elle contient des imperfections. Pour Jean Baptiste Elias, l’amendement fondamental concerne l’Autorité de lutte contre la corruption. Pour lui, c’est à ce niveau que les députés ont bâclé le travail dans l’étude de la loi. « La loi est bonne, mais c’est la tutelle de l’Autorité au président de la république qui est mauvaise », a-t-il étayé. Selon Lazare Sèhouéto, député de l’opposition - l’Union fait la Nation- la nouvelle loi est un fourre-tout.

Il ressort de ses interventions qu’elle n’est pas faite pour régler les problèmes au Bénin. Elle aligne, a justifie-il, les éléments comme la pornographie infantile qui concerne moins notre société, tout en escamotant la corruption liée au foncier : un problème récurrent dans le pays. L’autre insuffisance qu’il a relève est que les dispositions relatives à la corruption électorale sont rejetées à celles existantes. Martin Assogba a souligné que beaucoup de points n’ont pas été pris en compte dans la nouvelle loi. Ceci étant, il sollicite sa relecture avec la présence de certaines autorités de la Société civile. Dans son développement, il aborde le fait que la loi n’ait pas pris en compte l’obligation pour chaque propriétaire de personnaliser sa maison et la question de mise à délai. « Il faut faire l’inventaire des choses. Cela participe de l’éducation et de la lutte contre l’enrichissement illicite. Parce que le constat est qu’au Bénin, quand les gens détournent, ils investissent dans le béton », a-t-il affirmé.

Il a martelé que ce qu’il reproche à l’Autorité est la manière dont les personnes chargées de son animation et de sa direction sont désignées. « Je ne comprends pas pourquoi on prend des personnes qui sont des fonctionnaires de l’arène politique et de surcroît nommées par le Chef de l’Etat », s’est-il indigné. Sacca Lafia, député de la mouvance présidentielle a quant à lui soutenu que la nouvelle loi embrasse tout. Selon lui, s’il y a un combat à faire, c’est au niveau de la justice.

C’est d’elle que les citoyens devront exiger plus de rigueur. Et il résume le tout en déclarant que la lutte contre la corruption devra être un devoir citoyen. Mais tous les quatre se sont accordé sur un fait : « Le tout dépendra de la qualité, la crédibilité et l’exigence des hommes qui animeront l’Autorité de lutte contre la corruption».

La Nouvelle Tribune du 02/09/2011



02/09/2011
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